Sauvegarde des Palmiers – Hyères

CONÇU PAR UNE ENTREPRISE VAROISE, UN INSECTICIDE BIO POURRAIT ERADIQUER LE CHARANÇON ROUGE DU PALMIER – VAR-MATIN

mars 20, 2018 in revue-de-presse by Michel GRÉGOIRE

Un nouveau traitement – bio – pour lutter contre le charançon a été présenté lundi, par une entreprise basée à La Crau. Sans impact sur la nature environnante, cette solution pourrait bien permettre de remporter la bataille.
Cela fait désormais quelques années que la guerre au charançon rouge est déclarée. Rassurez-vous elle ne devrait pas durer 100 ans. D’ici là, si rien n’est fait, il ne devrait plus y avoir un palmier debout autour de l’arc méditerranéen…
Voila pour les pessimistes. Les autres ont le regard tourné vers un nouveau traitement qui pourrait bien avoir raison de ce ravageur aussi prénommé Rhynchophorus ferrugineus.Un traitement développé en collaboration entre Arysta, entreprise située dans les Pyrénées-Atlantiques et Vegetech, entreprise basée à La Crau, fondée par Karine Panchaud, biologiste, et son mari Olivier, paysagiste. Une présentation du produit avec démonstrations pratiques était proposée lundi au sein de l’entreprise crauroise aux responsables techniques de municipalités et aux applicateurs de produits phytosanitaires venus des quatre coins de la France et même de l’étranger.

À l’aide d’une perche spécialement développée pour le produit, un technicien de Vegetech procède à une démonstration.À l’aide d’une perche spécialement développée pour le produit, un technicien de Vegetech procède à une démonstration. Photos Dominique Leriche

LA FAUNE PROTÉGÉE

« À travers différents ateliers nous avons expliqué comment on a développé le projet, le matériel d’application, explique Karine Panchaud. Ça fait longtemps qu’on a commencé à travailler sur le papillon du palmier et le charançon. C’est une histoire crauroise et hyéroise. Au début des années 2000, Léopold Ritondale nous avait convoqués et fait confiance pour surveiller un insecte qu’on venait de découvrir, le papillon du palmier. Il a eu l’œil… En 2009 un produit est arrivé sur le marché mais entre-temps le charançon avait fait son apparition. On a développé le savoir-faire destiné au papillon sur le charançon », recontextualise la biologiste.

Dans son laboratoire d’élevage et de gestion des larves où suivi, datage, et pesée sont scrupuleusement respectés « pour avoir le moins d’écart possible dans les expérimentations », Karine Panchaud a passé de longues heures sur son microscope pour développer le Permasect à base de la souche 111 du champignon Beauveria Bassiana et l’Ostrinil, à base de la souche 147 de ce même champignon.

Deux produits qui permettent de lutter contre le charançon rouge avec une efficacité et une sécurité supérieures aux traitements chimiques. « C’est un traitement sous forme de poudre. Homologué produit phytosanitaire. On utilise le même process sauf que celui-ci est bio »,insiste Charles Vaury, responsable marketing pour les biosolutions en Europe du sud-est pour Arysta.

C’est cette société qui se charge de l’homologation et de la fabrication tandis que Vegetech sera le distributeur exclusif du produit en France, chargé en outre de la formation et de l’accompagnement technique. « C’est un produit aussi, voire plus efficace qu’une référence chimique. Beaucoup de municipalités ont trouvé un intérêt et nous ont poussés dans nos démarches. Il s’agit de la seule solution de traitement en période de floraison en gardant l’inflorescence. C’est la seule solution pour ne pas traiter de manière chimique. Ça fonctionne sur les arbres infectés mais c’est un produit très technique, à combiner avec d’autres… »

Et d’ajouter: « Pour l’appliquer il faut être certifié. On s’adresse uniquement à des professionnels formés afin d’éviter qu’il soit mal utilisé, sinon ça ne marche pas », insiste Charles Vaury.

Des professionnels ou leurs responsables qui ont eu tout le loisir de découvrir le produit et les manières de l’appliquer à travers différents ateliers pratiques. Drones, perches, pulvérisateurs à air comprimé, les spectateurs ont pu avoir un condensé des méthodes d’application.

« Ça rabat les cartes, ça ouvre le champ des possibles » souligne Karine Panchaud. Donnant l’exemple des abeilles sur lesquelles le produit n’a pas d’impact, la biologiste évalue à 90 % son efficacité sans impact sur la faune bénéfique au palmier. Et on est moins cher que le produit chimique lorsque celui-ci est correctement utilisé. Et moins dangereux en cas d’école proche ou lorsque le produit coule », ajoute le responsable marketing.

Des démonstrations qui semblent avoir séduit l’auditoire. La ville de Nice -ville test du produit et représentée lundi- n’attendait que la mise sur le marché pour enclencher la machine.

Et bien autres devraient vite faire de même.

DES RÉSULTATS IMMÉDIATS

Une fois le produit déposé sur le palmier sous forme de poudre, il faut entre « 2 et 10 jours » pour que tuer le charançon. Un résultat sans appel.

AVANT:

Une larve de charançon avant le traitement.
Une larve de charançon avant le traitement. Photo Dominique Leriche
APRES:
Une larve de charançon après le traitement .
Une larve de charançon après le traitement . Photo Dominique Leriche
RÉACTIONS ENTHOUSIASTES
Charles Vautry dans le labo de l’entreprise crauroise où sont élevées des larves de charançon Charles Vautry dans le labo de l’entreprise crauroise où sont élevées des larves de charançon Photo Dominique Leriche
Présente lundi à La Crau, Marianne Pacini, directrice des espaces verts et de l’ammenagement paysager pour la ville de Toulon semblait convaincue.« C’est quelque chose de très intéressant et positif. C’est une solution qui peut nous convenir pour éviter de traiter avec des produits dangeureux. Mais c’est aux politiques de prendre les décisions… » Même son de cloche du côté du maire de la commune Christian Simon qui a déjà fait son choix.« Ça va dans la direction de ce que je souhaitais pour La Crau: pas de traitement chimique. On sera client pour ce produits pour les quelques palmiers qui nous restent. On avait tout essayé et cela ne marchait pas très bien. On est très content de trouver un produit qui permette de soigner et qui n’est pas nocif. Quant à Vegetech, je suis très fier de leur réussite. Ça fait plus de 10 ans que je connais M. et Mme Panchaud, ce sont des personnes qui font beaucoup de recherches sur les produits végétaux, toujours bio, je leur adresse mes félicitations. »
Les larves de charançon que tient Karine Panchaud sont testées sur des palmiers à quelques mètres .Les larves de charançon que tient Karine Panchaud sont testées sur des palmiers à quelques mètres . Photo Dominique Leriche

PARTICULIERS, VOUS DEVEZ TRAITER VOS PALMIERS POUR GAGNER LE COMBAT CONTRE LE CHARANÇON ROUGE – VAR-MATIN

février 13, 2018 in revue-de-presse by Michel GRÉGOIRE

En dix ans, l’insecte a ravagé près de la moitié des Phœnix de Hyères. Depuis 2015, le traitement par endothérapie est jugé satisfaisant. Les particuliers doivent aussi s’engager dans la lutte
 

PAR P. POLETTO Mis à jour le 13/02/2018 à 18:38 Publié le 12/02/2018 à 17:15

En 2017, sur 58 palmiers Phœnix diagnostiqués, 15 ont pu être assainis.

 En 2017, sur 58 palmiers Phœnix diagnostiqués, 15 ont pu être assainis. Photo Laurent Martinat
Le combat n’est pas gagné. Mais les troupes de charançons rouges répandent de moins en moins « leur venin » sur les palmiers Phœnix de la cité – la bien nommée – des palmiers. Face à la contamination massive de cette espèce de plantes emblématiques – entre 2007 et 2017, 2142 Phœnix ont été diagnostiqués et 1 305 abattus -, la commune a opté, en 2015, pour la « stratégie de lutte n° 3 ».

C’est-à-dire l’application d’un produit chimique (emamectine benzoate) directement dans le stipe du palmier.
 

 

1.305 PALMIERS ONT ÉTÉ ABATTUS

À l’abord de la troisième campagne de traitement de lutte contre les larves de ce gros coléoptère (environ 3 cm de long) et ravageur de palmiers dattiers, les résultats sont considérés comme « satisfaisants » par Jean-Pierre Giran, le maire, et Élie Di Russo, adjoint à l’Agriculture et aux Espaces verts.

Ce n’est certes pas un cri de victoire. Les dommages ont été considérables ces dernières années. Il reste à ce jour 1 281 Phœnix communaux et 1 305 ont disparu du paysage. A titre d’exemple, en 2014, sur 413 palmiers diagnostiqués, 249 ont été abattus.

Depuis le lancement du traitement en injection – 420 déjà traités -, la stratégie a permis d’endiguer la dévastation. La FREDON (1), un organisme indépendant, doit d’ailleurs procéder à une évaluation à ce sujet.

 

« LES PRIVÉS DOIVENT S’IMPLIQUER »

Mais pour le premier magistrat, après le traitement des palmiers communaux, le temps est venu aux particuliers de s’engager pour la protection de leurs palmiers. Que le Phœnix, s’il ne renaît pas de ses cendres, puisse ne pas disparaître.

« Pour couvrir le maximum de territoire, les privés doivent également s’impliquer. Nous sommes parvenus à obtenir des prix plus qu’acceptables (voir ci-dessous). Il faut coordonner le public et le privé », ajoute-t-il.

 Et Élie Di Russo de préciser que « le traitement s’effectue à l’intérieur du palmier sans aucun contact avec l’extérieur » et que de nouveaux Phœnix ne seront pas implantés. La ville continue à diversifier les espèces.

1. Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles. 

 

PARTICULIERS: TRAITEMENT PRÉVENTIF OBLIGATOIRE PAR DES SOCIÉTÉS AGRÉÉES

La larve du charançon, un nuisible. La larve du charançon, un nuisible. Photo doc VM
Pour que la lutte engagée par les services de la ville d’Hyères soit efficace à long terme, il faut que les tiers – particuliers et organismes – s’engagent dans le même combat.« Si c’est pour éradiquer un foyer et que le charançon se propage ailleurs, chez les privés, cela peut réduire les efforts à néant », commentent les élus hyérois.Vous êtes donc propriétaires d’un ou plusieurs palmiers Phœnix, voilà ce qu’elle faut savoir:Etre informé. Afin d’inciter les Hyérois à traiter leurs palmiers, un plan de communication a été engagé auprès des comités d’intérêts locaux, sur le site Internet et le magazine de la ville. Des flyers ont été distribués et une action permanente d’auto-diagnostic est menée en collaboration avec le service Agriculture/Espaces verts et son référent Jean-Philippe Ferraro.Palmier contaminé: quelles obligations? L’arrêté du 21 juillet 2010 rend obligatoire l’assainissement ou l’abattage d’un palmier contaminé par le charançon rouge. Il existe alors un protocole en matière d’assainissement (application de traitement préventif) et d’abattage par une personne formée (selon également un protocole préétabli).Déclaration de foyers obligatoire. Les déclarations doivent être réalisées auprès de la direction régionale de l’Agriculture et des forêts (antenne d’Hyères au lycée agricole) ou au service Agriculture/Espaces verts en mairie (au 04.94.00.78.65)Trouver une société agréée. L’arrêté ministériel du 21 juillet 2010 impose une obligation de traiter les palmiers. Il faut préciser que la commune a signé en mars 2017 une convention avec la société Syngenta, détentrice du brevet de traitement par endothérapie (à base d’emamectine benzoate) à des prix plus avantageux que par le passé. Les listes des entreprises agréées sont disponibles sur le site www.hyeres.fr, par téléphone au 04.90.00.78.65 ou auprès de la DRAAF (draaf.pace.agriculture.gouv.fr).Quand traiter? Le traitement peut s’effectuer durant la période qui s’étend du 1er mars au 15 novembre.LE CHIFFRE:72. C’est le montant TTC en euros du prix du traitement préventif d’un palmier pour les particuliers (méthode par une substance active (emamectine benzoate) dans la tige du palmier.Ce tarif a été négocié en 2017 par la commune avec la société Syngenta. Le prix initial était de 222€ TTC à l’unité.
Il est obligatoire d’assainir ou d’abattre le palmier pour éviter la prolifération de l’insecte.Il est obligatoire d’assainir ou d’abattre le palmier pour éviter la prolifération de l’insecte. Photo Laurent Martinat

« IL FAUT ÉTABLIR UNE CARTOGRAPHIE DES PALMIERS » À HYÈRES – VAR-MATIN

août 23, 2016 in revue-de-presse by Michel GRÉGOIRE

Soll Sanchez, le référent du Collectif méditerranéen pour la sauvegarde des palmiers, a adressé une lettre ouverte au maire

La question du traitement du charançon rouge qui maltraite les nombreux palmiers hyérois est pour le moins sensible. Le mois dernier, la Ville a annoncé son intention de passer à la vitesse supérieure pour endiguer la propagation (Var-matin du 22 juillet). Pour cela, elle a négocié avec Syngenta un prix pour le traitement des palmiers plus compétitif que précédemment, soit 60 € HT par sujet (72 € TTC). Cette société suisse commercialise le Revive considéré actuellement comme le produit le plus efficace sur le marché.

Soll Sanchez souhaite pousser la réflexion plus loin que les traitements annoncés par la Ville. S. M.

TRAITEMENTS DE MARS À NOVEMBRE 2017

Le tarif revu et corrigé est valable pour la collectivité comme pour les particuliers. La campagne de traitement des palmiers par endothérapie qui doit porter sur l’ensemble des palmiers de type Phœnix Canariensis, pourra débuter à partir du 1er mars 2017. Inscrite dans une démarche de sensibilisation auprès des particuliers, elle sera en mesure de leur fournir à partir de janvier prochain la liste des applicateurs agréés afin que la campagne de traitement autorisé de mars à mi-novembre 2017 puisse se dérouler. Une réunion d’information auprès des CIL aura lieu lors du dernier trimestre 2016.

Lors du point presse organisé en juillet pour présenter son modus operandi, la Ville avait associé Guy Hily, en qualité de président de l’association des CIL du littoral. Pas en tant que président du Collectif méditerranéen pour la sauvegarde des palmiers. Etonné par cet oubli, Soll Sanchez, le référent de l’association nommé en début d’année, souhaite apporter son écot à la réflexion menée par la Ville. Il y a trois semaines, il a adressé une lettre ouverte au député-maire dont il livre ici la substantifique moelle.

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CONÇU PAR UNE ENTREPRISE VAROISE, UN INSECTICIDE BIO POURRAIT ERADIQUER LE CHARANÇON ROUGE DU PALMIER – VAR-MATIN

Un nouveau traitement – bio – pour lutter contre le charançon a été présenté lundi, par une entreprise basée à La Crau. Sans impact sur la nature environnante, cette solution pourrait bien permettre de remporter la bataille.
Cela fait désormais quelques années que la guerre au charançon rouge est déclarée. Rassurez-vous elle ne devrait pas durer 100 ans. D’ici là, si rien n’est fait, il ne devrait plus y avoir un palmier debout autour de l’arc méditerranéen…
Voila pour les pessimistes. Les autres ont le regard tourné vers un nouveau traitement qui pourrait bien avoir raison de ce ravageur aussi prénommé Rhynchophorus ferrugineus.Un traitement développé en collaboration entre Arysta, entreprise située dans les Pyrénées-Atlantiques et Vegetech, entreprise basée à La Crau, fondée par Karine Panchaud, biologiste, et son mari Olivier, paysagiste. Une présentation du produit avec démonstrations pratiques était proposée lundi au sein de l’entreprise crauroise aux responsables techniques de municipalités et aux applicateurs de produits phytosanitaires venus des quatre coins de la France et même de l’étranger.

À l’aide d’une perche spécialement développée pour le produit, un technicien de Vegetech procède à une démonstration.À l’aide d’une perche spécialement développée pour le produit, un technicien de Vegetech procède à une démonstration. Photos Dominique Leriche

LA FAUNE PROTÉGÉE

« À travers différents ateliers nous avons expliqué comment on a développé le projet, le matériel d’application, explique Karine Panchaud. Ça fait longtemps qu’on a commencé à travailler sur le papillon du palmier et le charançon. C’est une histoire crauroise et hyéroise. Au début des années 2000, Léopold Ritondale nous avait convoqués et fait confiance pour surveiller un insecte qu’on venait de découvrir, le papillon du palmier. Il a eu l’œil… En 2009 un produit est arrivé sur le marché mais entre-temps le charançon avait fait son apparition. On a développé le savoir-faire destiné au papillon sur le charançon », recontextualise la biologiste.

Dans son laboratoire d’élevage et de gestion des larves où suivi, datage, et pesée sont scrupuleusement respectés « pour avoir le moins d’écart possible dans les expérimentations », Karine Panchaud a passé de longues heures sur son microscope pour développer le Permasect à base de la souche 111 du champignon Beauveria Bassiana et l’Ostrinil, à base de la souche 147 de ce même champignon.

Deux produits qui permettent de lutter contre le charançon rouge avec une efficacité et une sécurité supérieures aux traitements chimiques. « C’est un traitement sous forme de poudre. Homologué produit phytosanitaire. On utilise le même process sauf que celui-ci est bio »,insiste Charles Vaury, responsable marketing pour les biosolutions en Europe du sud-est pour Arysta.

C’est cette société qui se charge de l’homologation et de la fabrication tandis que Vegetech sera le distributeur exclusif du produit en France, chargé en outre de la formation et de l’accompagnement technique. « C’est un produit aussi, voire plus efficace qu’une référence chimique. Beaucoup de municipalités ont trouvé un intérêt et nous ont poussés dans nos démarches. Il s’agit de la seule solution de traitement en période de floraison en gardant l’inflorescence. C’est la seule solution pour ne pas traiter de manière chimique. Ça fonctionne sur les arbres infectés mais c’est un produit très technique, à combiner avec d’autres… »

Et d’ajouter: « Pour l’appliquer il faut être certifié. On s’adresse uniquement à des professionnels formés afin d’éviter qu’il soit mal utilisé, sinon ça ne marche pas », insiste Charles Vaury.

Des professionnels ou leurs responsables qui ont eu tout le loisir de découvrir le produit et les manières de l’appliquer à travers différents ateliers pratiques. Drones, perches, pulvérisateurs à air comprimé, les spectateurs ont pu avoir un condensé des méthodes d’application.

« Ça rabat les cartes, ça ouvre le champ des possibles » souligne Karine Panchaud. Donnant l’exemple des abeilles sur lesquelles le produit n’a pas d’impact, la biologiste évalue à 90 % son efficacité sans impact sur la faune bénéfique au palmier. Et on est moins cher que le produit chimique lorsque celui-ci est correctement utilisé. Et moins dangereux en cas d’école proche ou lorsque le produit coule », ajoute le responsable marketing.

Des démonstrations qui semblent avoir séduit l’auditoire. La ville de Nice -ville test du produit et représentée lundi- n’attendait que la mise sur le marché pour enclencher la machine.

Et bien autres devraient vite faire de même.

DES RÉSULTATS IMMÉDIATS

Une fois le produit déposé sur le palmier sous forme de poudre, il faut entre « 2 et 10 jours » pour que tuer le charançon. Un résultat sans appel.

AVANT:

Une larve de charançon avant le traitement.
Une larve de charançon avant le traitement. Photo Dominique Leriche
APRES:
Une larve de charançon après le traitement .
Une larve de charançon après le traitement . Photo Dominique Leriche
RÉACTIONS ENTHOUSIASTES
Charles Vautry dans le labo de l’entreprise crauroise où sont élevées des larves de charançon Charles Vautry dans le labo de l’entreprise crauroise où sont élevées des larves de charançon Photo Dominique Leriche
Présente lundi à La Crau, Marianne Pacini, directrice des espaces verts et de l’ammenagement paysager pour la ville de Toulon semblait convaincue.« C’est quelque chose de très intéressant et positif. C’est une solution qui peut nous convenir pour éviter de traiter avec des produits dangeureux. Mais c’est aux politiques de prendre les décisions… » Même son de cloche du côté du maire de la commune Christian Simon qui a déjà fait son choix.« Ça va dans la direction de ce que je souhaitais pour La Crau: pas de traitement chimique. On sera client pour ce produits pour les quelques palmiers qui nous restent. On avait tout essayé et cela ne marchait pas très bien. On est très content de trouver un produit qui permette de soigner et qui n’est pas nocif. Quant à Vegetech, je suis très fier de leur réussite. Ça fait plus de 10 ans que je connais M. et Mme Panchaud, ce sont des personnes qui font beaucoup de recherches sur les produits végétaux, toujours bio, je leur adresse mes félicitations. »
Les larves de charançon que tient Karine Panchaud sont testées sur des palmiers à quelques mètres .Les larves de charançon que tient Karine Panchaud sont testées sur des palmiers à quelques mètres . Photo Dominique Leriche

PARTICULIERS, VOUS DEVEZ TRAITER VOS PALMIERS POUR GAGNER LE COMBAT CONTRE LE CHARANÇON ROUGE – VAR-MATIN

En dix ans, l’insecte a ravagé près de la moitié des Phœnix de Hyères. Depuis 2015, le traitement par endothérapie est jugé satisfaisant. Les particuliers doivent aussi s’engager dans la lutte
 

PAR P. POLETTO Mis à jour le 13/02/2018 à 18:38 Publié le 12/02/2018 à 17:15

En 2017, sur 58 palmiers Phœnix diagnostiqués, 15 ont pu être assainis.

 En 2017, sur 58 palmiers Phœnix diagnostiqués, 15 ont pu être assainis. Photo Laurent Martinat
Le combat n’est pas gagné. Mais les troupes de charançons rouges répandent de moins en moins « leur venin » sur les palmiers Phœnix de la cité – la bien nommée – des palmiers. Face à la contamination massive de cette espèce de plantes emblématiques – entre 2007 et 2017, 2142 Phœnix ont été diagnostiqués et 1 305 abattus -, la commune a opté, en 2015, pour la « stratégie de lutte n° 3 ».

C’est-à-dire l’application d’un produit chimique (emamectine benzoate) directement dans le stipe du palmier.
 

 

1.305 PALMIERS ONT ÉTÉ ABATTUS

À l’abord de la troisième campagne de traitement de lutte contre les larves de ce gros coléoptère (environ 3 cm de long) et ravageur de palmiers dattiers, les résultats sont considérés comme « satisfaisants » par Jean-Pierre Giran, le maire, et Élie Di Russo, adjoint à l’Agriculture et aux Espaces verts.

Ce n’est certes pas un cri de victoire. Les dommages ont été considérables ces dernières années. Il reste à ce jour 1 281 Phœnix communaux et 1 305 ont disparu du paysage. A titre d’exemple, en 2014, sur 413 palmiers diagnostiqués, 249 ont été abattus.

Depuis le lancement du traitement en injection – 420 déjà traités -, la stratégie a permis d’endiguer la dévastation. La FREDON (1), un organisme indépendant, doit d’ailleurs procéder à une évaluation à ce sujet.

 

« LES PRIVÉS DOIVENT S’IMPLIQUER »

Mais pour le premier magistrat, après le traitement des palmiers communaux, le temps est venu aux particuliers de s’engager pour la protection de leurs palmiers. Que le Phœnix, s’il ne renaît pas de ses cendres, puisse ne pas disparaître.

« Pour couvrir le maximum de territoire, les privés doivent également s’impliquer. Nous sommes parvenus à obtenir des prix plus qu’acceptables (voir ci-dessous). Il faut coordonner le public et le privé », ajoute-t-il.

 Et Élie Di Russo de préciser que « le traitement s’effectue à l’intérieur du palmier sans aucun contact avec l’extérieur » et que de nouveaux Phœnix ne seront pas implantés. La ville continue à diversifier les espèces.

1. Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles. 

 

PARTICULIERS: TRAITEMENT PRÉVENTIF OBLIGATOIRE PAR DES SOCIÉTÉS AGRÉÉES

La larve du charançon, un nuisible. La larve du charançon, un nuisible. Photo doc VM
Pour que la lutte engagée par les services de la ville d’Hyères soit efficace à long terme, il faut que les tiers – particuliers et organismes – s’engagent dans le même combat.« Si c’est pour éradiquer un foyer et que le charançon se propage ailleurs, chez les privés, cela peut réduire les efforts à néant », commentent les élus hyérois.Vous êtes donc propriétaires d’un ou plusieurs palmiers Phœnix, voilà ce qu’elle faut savoir:Etre informé. Afin d’inciter les Hyérois à traiter leurs palmiers, un plan de communication a été engagé auprès des comités d’intérêts locaux, sur le site Internet et le magazine de la ville. Des flyers ont été distribués et une action permanente d’auto-diagnostic est menée en collaboration avec le service Agriculture/Espaces verts et son référent Jean-Philippe Ferraro.Palmier contaminé: quelles obligations? L’arrêté du 21 juillet 2010 rend obligatoire l’assainissement ou l’abattage d’un palmier contaminé par le charançon rouge. Il existe alors un protocole en matière d’assainissement (application de traitement préventif) et d’abattage par une personne formée (selon également un protocole préétabli).Déclaration de foyers obligatoire. Les déclarations doivent être réalisées auprès de la direction régionale de l’Agriculture et des forêts (antenne d’Hyères au lycée agricole) ou au service Agriculture/Espaces verts en mairie (au 04.94.00.78.65)Trouver une société agréée. L’arrêté ministériel du 21 juillet 2010 impose une obligation de traiter les palmiers. Il faut préciser que la commune a signé en mars 2017 une convention avec la société Syngenta, détentrice du brevet de traitement par endothérapie (à base d’emamectine benzoate) à des prix plus avantageux que par le passé. Les listes des entreprises agréées sont disponibles sur le site www.hyeres.fr, par téléphone au 04.90.00.78.65 ou auprès de la DRAAF (draaf.pace.agriculture.gouv.fr).Quand traiter? Le traitement peut s’effectuer durant la période qui s’étend du 1er mars au 15 novembre.LE CHIFFRE:72. C’est le montant TTC en euros du prix du traitement préventif d’un palmier pour les particuliers (méthode par une substance active (emamectine benzoate) dans la tige du palmier.Ce tarif a été négocié en 2017 par la commune avec la société Syngenta. Le prix initial était de 222€ TTC à l’unité.
Il est obligatoire d’assainir ou d’abattre le palmier pour éviter la prolifération de l’insecte.Il est obligatoire d’assainir ou d’abattre le palmier pour éviter la prolifération de l’insecte. Photo Laurent Martinat

« IL FAUT ÉTABLIR UNE CARTOGRAPHIE DES PALMIERS » À HYÈRES – VAR-MATIN

Soll Sanchez, le référent du Collectif méditerranéen pour la sauvegarde des palmiers, a adressé une lettre ouverte au maire

La question du traitement du charançon rouge qui maltraite les nombreux palmiers hyérois est pour le moins sensible. Le mois dernier, la Ville a annoncé son intention de passer à la vitesse supérieure pour endiguer la propagation (Var-matin du 22 juillet). Pour cela, elle a négocié avec Syngenta un prix pour le traitement des palmiers plus compétitif que précédemment, soit 60 € HT par sujet (72 € TTC). Cette société suisse commercialise le Revive considéré actuellement comme le produit le plus efficace sur le marché.

Soll Sanchez souhaite pousser la réflexion plus loin que les traitements annoncés par la Ville. S. M.

TRAITEMENTS DE MARS À NOVEMBRE 2017

Le tarif revu et corrigé est valable pour la collectivité comme pour les particuliers. La campagne de traitement des palmiers par endothérapie qui doit porter sur l’ensemble des palmiers de type Phœnix Canariensis, pourra débuter à partir du 1er mars 2017. Inscrite dans une démarche de sensibilisation auprès des particuliers, elle sera en mesure de leur fournir à partir de janvier prochain la liste des applicateurs agréés afin que la campagne de traitement autorisé de mars à mi-novembre 2017 puisse se dérouler. Une réunion d’information auprès des CIL aura lieu lors du dernier trimestre 2016.

Lors du point presse organisé en juillet pour présenter son modus operandi, la Ville avait associé Guy Hily, en qualité de président de l’association des CIL du littoral. Pas en tant que président du Collectif méditerranéen pour la sauvegarde des palmiers. Etonné par cet oubli, Soll Sanchez, le référent de l’association nommé en début d’année, souhaite apporter son écot à la réflexion menée par la Ville. Il y a trois semaines, il a adressé une lettre ouverte au député-maire dont il livre ici la substantifique moelle.

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